10/03/2017

L’exposition "21 rue La Boétie" mêle art et histoire et elle retrace le parcours singulier de Paul Rosenberg (1881-1959), qui fut l’un des plus grands marchands d'Art de la première moitié du XX e siècle.Grand- père de la journaliste Anne Sinclair auteur du livre éponyme " 21 rue de la Boétie" paru aux éditions Grasset donnant le nom à cette belle et riche exposition. On y apprend la vie de ce grand Marchand d’art passionné, homme d’affaires avisé et amateur éclairé; il fut l’ami et l’agent des plus grands artistes de son temps, qui allaient devenir des maîtres incontestés de l’art moderne. La galerie mythique de Paul Rosenberg a servi de pivot à la peinture moderne en France, et plus largement en Europe et aux Etats-Unis.Cette exposition est extrêmement intéressante mêlant histoire et art, histoire sociale et politique, elle met en lumière un moment crucial de notre histoire collective dont Paul Rosenberg a été témoin emblématique , à la fois acteur et victime . Une fascinante exposition à voir donc si possible avec vos enfants

Anne Sinclair  à l'âge de quatre ans, petite fille de Paul Rosenberg représentée par Marie Laurencin en 1952 Collection particulière © Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2016

Cette interview de la journaliste pendant la venue de l'exposition à Liège retrace le parcours et les origines de cette organisation d'exposition.....
Henri Matisse, La leçon de piano, 1923, Collection particulière. © Succession H. Matisse
L’exposition "21 rue La Boétie" retrace le parcours singulier de Paul Rosenberg (1881-1959), qui fut l’un des plus grands marchands d’art de la première moitié du XXe siècle. Elle rassemble une soixantaine de chefs-d’œuvre de l’art moderne (Pablo Picasso, Fernand Léger, Georges Braque, Henri Matisse, Marie Laurencin...), pour certains inédits en France et provenant de collections publiques majeures telles le Centre Pompidou, le Musée d’Orsay, le Musée Picasso à Paris, ou encore le Deutsches Historisches Museum de Berlin, ou d’importantes collections particulières comme celle de David Nahmad. De nombreuses œuvres sont directement liées au marchand, pour avoir transité par ses galeries, à Paris ou à New York, alors que d’autres renvoient au contexte historique et artistique de l’époque.
Cette exposition est passée par Liège avant d'arriver à Paris et un petit film ci-dessous retrace la richesse des oeuvres présentées...
Cette exposition bénéficie du soutien actif de la petite-fille de Paul Rosenberg, Anne Sinclair, auteur du livre éponyme "21 rue La Boétie" (paru aux Editions Grasset & Fasquelle, 2012).

La carrière de Paul Rosenberg permet d’appréhender sous un prisme nouveau le double tournant, dans l’histoire de l’art, que représentent l’émergence de l’art moderne, puis, dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, le déplacement du centre mondial de l’histoire de l’art de Paris vers New York, en pleine crise de la Seconde Guerre mondiale. 
Paul Rosenberg tableau Renoir et Somerset Maugham (c) Archives Paul Rosenberg & Co, New York

Mêlant histoire de l’art, histoire sociale et politique, l’exposition met en lumière un moment crucial du XXe siècle, dont Paul Rosenberg a été un témoin emblématique, à la fois acteur et victime.
Vue de l’escalier au 21, rue La Boétie, années 30 © Archives Paul Rosenberg & Co, New York

Paul Rosenberg, 21 rue de la Boétie, l'exposition au Musée Maillol
Du 2 mars au 23 juillet 2017 
Lieu : Musée Maillol
Horaires : 10h30-18h30 tous les jours, nocturne vendredis jusqu'à 21h30
Tarifs : 13€, 11€tarif réduit


06/03/2017

Recevoir à Paris,au musée du Quai Branly, un portrait intimiste du Musée des Confluences de Lyon permet une exposition présentée au sein de l’atelier Martine Aublet jusqu’au 21 mai 2017. Cette présentation UNE FENÊTRE SUR LES CONFLUENCES illustre à travers quelques pièces iconiques ou étonnantes, la richesse et la poésie des liens tissés par le monde des hommes avec la nature.



Au confluent du Rhône et de la Saône, l’architecture du musée des Confluences naît de la rencontre d’un Cristal de verre et d’un Nuage d’inox, à l’image de la convergence des deux cours d’eau. Conçu par Coop Himmelb1 au, le musée est l’unique réalisation française de cette agence autrichienne, connue dans le monde entier pour son architecture de l’école déconstructiviste. Depuis l’intérieur jusqu’au toit, l’architecture du musée dialogue avec la ville et le confluent par des jeux surprenants de transparence et d’ouvertures, offrant au visiteur une véritable expérience de visite. Le musée des Confluences aborde de grandes questions universelles : l’origine et le devenir de l’humanité, la diversité des cultures et des sociétés mais aussi la place de l’humain au sein du vivant. Soit un parcours permanent de 4 expositions dont la démarche inédite est de proposer au visiteur une approche interdisciplinaire. Décloisonnées, les sciences sont mises en dialogue et font émerger de nouvelles clés pour comprendre et dénouer la complexité des cultures.

Dans un premier temps l’exposition Une fenêtre sur Confluences aborde l’histoire du musée à travers quelques personnages clés, dont l’apport de collections ou l’approche muséale sont fondamentaux.
Cette Exposition du 07/03/17 au 21/05/17 dans l'espace de l'Atelier Martine Aublet est véritablement UNE FENÊTRE SUR LES CONFLUENCES dans un espace modulable sur le Plateau des collections du MUSÉE du QUAI BRANLY .Hélène Lafont-Couturier, sa directrice présente une exposition y dessine un portrait intimiste du musée des Confluences, ouvert à Lyon en décembre 2014.
« Les collections qu’il conserve, constituées depuis le 17e siècle, remontent les âges et sillonnent les géographies de notre planète. Depuis les premières ères géologiques et climatiques à travers le minéral et le vivant et jusqu’aux liens complexes de l’homme avec la nature, c’est une fissure dans le temps qui s’ouvre à nous. Il s’en échappe des fossiles et des scarabées, des plumes et des papillons, des outils et des parures.
La sélection de ces objets et vestiges et leur mise en dialogues témoigne de ces moments où l’homme s’est inséré dans son environnement. Il en a tiré des croyances, des mythes et des symboles multiples. Il a imaginé des récits de création, façonné les moyens de sa vie et de sa survie, redouté l’au-delà. Et tenté de dominer l’inconnu par la recherche du beau. »
L'authenticité mystérieuse de la "statuette fétiche granit"

C’est l’histoire d’une statuette entrée au musée en 1934 qui suscite aujourd’hui beaucoup de questions sur son authenticité. Son origine interpelle, modifiée au cours des années, elle provient tantôt des Îles Marquises tantôt des Antilles pour s’avérer être façonnée dans une pierre qui ne peut provenir des Îles Marquises. Toutes ces questions interpellent. Le musée a-t-il été victime d’une supercherie ?

Atelier Martine Aublet Plateau des collections 
  •  A voir du mardi 07 mars 2017 au dimanche 21 mai 2017
  • Fermeture le lundi
    mardi, mercredi, dimanche : 11h00-19h00
    jeudi, vendredi, samedi : 11h00-21h00
  • Accessibilité : 
    • Handicap moteur
  • Public :   Tous publics

  • Plein tarif :  10,00 €
    Tarif réduit : 7,00 €
    Billet jumelé
    Plein tarif :  12,00 €
    Tarif réduit :  9,00 €
    Tarif réduit :  7,00 €




03/03/2017

Le Mémorial de la Shoah, à Paris,présente un rare inventaire de la relation entre la bande dessinée et la Shoah ( Holocaust et Comics ) riche de plus de 200 planches.Un évènement sans précédent à voir gratuitement, pour aller au-delà de notre connaissance du sujet avec des bandes dessinées mondialement lues et connues comme celle de Maus, d'Art Spiegelman, oeuvre la plus connue de nos jours sur ce thème .

Lueur d’espoir dans la sombre histoire de la Shoah, le Mur des Justes, érigé dans l’Allée des Justes qui jouxte le Mémorial de la Shoah, porte les noms des hommes et femmes qui, au péril de leur vie, ont contribué au sauvetage des Juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Situé à proximité du Mur des Nomsle Mur des Justes détaille les noms et prénoms des Justes ainsi que le lieu où ils ont œuvré. Neuf plaques vierges ont été prévues afin d’accueillir les noms des personnes qui seront ajoutés


Le musée consacré à l'histoire juive durant la Seconde Guerre mondiale s'interroge sur les tenants et les aboutissants de cet art populaire qui s'est emparé du sujet dès l'année 1942, jusqu'à aujourd'hui. Une visite de ce lieu de mémoire passionnante et enrichissante pour tous et utile face à notre actualité afin que le pire ne recommence jamais.


UNE RELATION CHAOTIQUE ET DIFFICILE
Pour des raisons parfois étranges, la Shoah va rester longtemps, dans la bande dessinée et ailleurs, un tabou. Les supers-héros tournent autour des camps d'extermination, y entrent parfois, mais ne les libèrent jamais. La question n'occupe pas davantage les créateurs européens ou japonais avant la fin des années 1970.Mais à la fin de cette période non seulement des personnages juifs vont apparaître dans la bande dessinée, mais ils témoigneront de leur expérience du génocide .
Art Spiegelman, Maus.La bande dessinée la plus connue abordant l'histoire des camps d'extermination par un témoignage en transposant les personnages avec des souris dessinées pour atténuer les effets des images choquantes .
La bête est morte, Edmond -François Calvo, dessins , Victor Dancette et Jacques Zimmermann ( scénario) Gallimard , novembre 1944, recueil original comprenant les 77 dessins de l'album.Cet album paraît quelques mois seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il entreprend de raconter la guerre en la transposant chez les animaux, les Allemands sont des loups, les français des lapins, les Belges des lionceaux, les Anglais des dogues, les Américains des bisons et les Russes des ours.Les évènements racontés sont suffisament précis pour ne laisser aucun doutes au jeune lecteur: ce sont les atrocités que viennent de subir ses parents dont on parle.
La SHOAH DES ENFANTS 
La Bande dessinée s'est logiquement emparée de l'impératif du devoir de mémoire. Des albums ont été spécialement conçus pour exercer l'intelligence des plus jeunes, le plus souvent à travers des récits centrés plus précisément sur le destin des enfantsvictimes par excellence la Shoah. Des histoires d'enfants victimes cachés, des récits de vie fictions comme autobiographiques ont ainsi vu le jour. 

EN 2012 ,La deuxième génération Michel KICHKA, ose se confronter au Maus de Spiegelman en livrant à son tour le témoignage d'un enfant de survivant .



Deuxième Génération n'est pas un règlement de comptes avec l'Histoire. C'est un récit autobiographique à travers lequel Michel Kichka retrace les instantanés décisifs d'une enfance, d'une jeunesse et d'une vie passées dans l'ombre de la Shoah, du plat pays à la terre promise, entre cauchemars, souvenirs drôles, moments joyeux et actes de délivrance.
Célèbre auteur israëlien et caricaturiste majeur, Kichka n'est pas seulement un fervent partisan de la paix au Proche-Orient, il est aussi le fils d'un homme qui fut l'unique survivant de sa famille après la guerre. À 20 ans, son père est revenu dans sa Belgique natale. Il y eut deux filles et deux garçons. Et un vécu si pesant que ses enfants n'ont eu de cesse de vouloir s'en émanciper, chacun à sa façon. Un ton unique et touchant, une histoire intime et poignante. Deuxième génération est un roman graphique qui tient à la fois du récit et du documentaire historique, une bande dessinée splendide et déroutante.Cette bande dessinée autobiographique raconte l'enfance de l'auteur et la vie auprès de son père, seul survivant d'Auschwitz de sa famille. Michel Kichka explique avec humour et émotion le "syndrome de la deuxième génération", ce mal qui touche les enfants des survivants, écrasés par le poids du passé de leur(s) parent(s).
Nous n’irons pas voir Auschwitz est le premier roman graphique de Jérémie Dres qui date de 2011. 
À la recherche de leurs origines, l’auteur et son frère partent en Pologne sur les traces de leur grand-mère décédée. Cette quête familiale leur permettra de rencontrer la communauté juive polonaise d’aujourd’hui et de mesurer son renouveau. A travers une multitude de rencontres, avec la jeune génération d’artistes polonais à Varsovie, avec un rabbin progressiste américain ou encore avec l’historien Jean-Yves Potel, c’est une image moderne et contrastée de la nouvelle communauté juive de Pologne qui émerge de ce récit intimiste.
Au-delà d’un simple travail de mémoire, ce que les deux frères vont découvrir va profondément enrichir leur identité, faire la lumière sur les relations judéo-polonaises et interroger les préjugés, notamment d’antisémitisme, qui ont pu leur être transmis durant leur enfance. De Paris à Varsovie, entre recherche identitaire et enquête documentaire, Jérémie Dres dresse avec un ton plein de justesse et de drôlerie un portrait de la communauté juive de Pologne. Par son aspect documentaire, ce roman graphique original aborde avec une perspective inédite, toute en finesse, des problématiques peu traitées par la bande dessinée contemporaine : le rapport à l’avenir de la communauté juive de Pologne, à travers ses aspirations et ses contradictions.
Ajouter une légende



La Spoliation des biens juifs fut lancée par les Allemands en zone Nord dès le début de l'Occupation,assumée par Vichy et étendue par l'Etat Français à l'ensemble territoire national à partir de juillet 1941.Les auteurs de bande dessinée se sont penchés sur cet aspect peu connu de la Shoah.


"La propriété" de Rutu Modan , éditions actes sud.

 “Avec la famille, vous n'êtes pas obligé de dire l'entière vérité et ce n'est pas considéré comme un mensonge."
Après la Mort de son fils, Régina Segal emmène sa petite fille, Mica, à Varsovie où elles espèrent récupérer une propriété familiale spoliée pendant la seconde guerre mondiale. Une histoire de famille, de secrets, et d'amour. 

Enfin pour finir une fiction en quatre volumes, 
avec un manga Japonais de Ozamu Tezuka.
Berlin, 1936. Le journaliste Soheï Togué couvre les J.O. quand il apprend que son jeune frère a été enlevé et tué par la police spéciale. Ce dernier aurait mis la main sur un document prouvant qu’Adolf HITLER avait un huitième de sang juif. À la recherche des meurtriers de son frère, Soheï croisera le chemin de deux enfants allemands se prénommant également Adolf. Meilleurs amis du monde, le destin et la guerre en feront des ennemis mortels !

L' initiative du musée est aujourd'hui plus encore essentielle à la mémoire collective.Il est entièrement gratuit toute l'année et à la fois centre de recherche et de documentation , il accueille des groupes scolaires et des particuliers.
Le jour de ma visite un groupe de 80 adolescents visitaient le lieu accompagné d'un guide du musée et d'enseignants.

Situé à l'entresol, cette crypte renferme un tombeau symbolique en forme d'étoile de David en l'honneur des Juifs de France exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le Mémorial de la Shoah est ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf le samedi. Nocturne jusqu’à 22h le jeudi.
Fermetures annuelles : le 1er janvier, le 1er mai, le 14 juillet, le 15 août, le 25 décembre.
Fermetures certains jours de fêtes juives : les 11 et 17 avril et le 31 mai 2017.
Adresse : 17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris 


Accès Métro : Saint-Paul ou Hôtel-de-Ville (ligne 1), Pont-Marie (ligne 7) Bus : 96, 69, 76, 67, Balabus
Parking : Baudoyer (place Baudoyer), Lobau, Pont-Marie (rue de l’Hôtel-de-Ville).Facilités d’accès pour le public handicap

22/02/2017

Comment bien profiter de l'exposition VERMEER et les grands maîtres de la peinture de genre qui vient tout juste de débuter au Musée du Louvre ? Une belle rétrospective contenant douze tableaux du très grand peintre hollandais Vermeer, un véritable enchantement pour les yeux et les sens...et une expo qui change le regard sur la peinture hollandaise .Compter deux bonnes heures dans l'exposition.

12 tableaux de Vermeer sont actuellement exposés au musée du Louvre et permettent d'envisager une approche plus intime du grand maître de la peinture du siècle d'or. Cette présentation a pour principal but de démontrer le dynamisme remarquable lié à l'échange d'idées entre Vermeer et les peintres de son temps .Les relations montrent que ces artistes se déplaçaient beaucoup entre Amsterdam Haarlem, Leyde, La Haye, Delft, Rotterdam et Dordrecht .La mobilité des peintres de genre est confirmée par le fait que la majorité d'entre eux ont vécu dans plusieurs villes au cours de leur carrières et leurs oeuvres se sont alors déplacées également avec eux.

Pays prospère dans un état le plus riche d'Europe qui vient d'accéder à l'indépendance, au sein d'une société bourgeoise et universitaire , héritière d'une longue tradition humaniste dans laquelle Rembrandt a fait ses débuts de peintre des années plus tôt : La Hollande occupe tout au long au XVIII e siècle, une place primordiale en Europe, elle possède également la suprématie maritime et commerciale. Avec ses compagnies Néerlandaises des Indes occidentales et orientales. Elle établit alors des comptoirs à travers le monde et s'impose comme première puissance coloniale.

L'espace privé devient l'objet de toutes les attentions, les hollandais se plaisant à orner, meubler et entretenir leur intérieur dès le XVII e siècle. Ce nouveau mode de vie du peuple hollandais , tire profit de la prospérité économique du pays et contracte le goût du confort et du raffinement que l'on retrouve ici dans les scènes de genre.Le mobilier domestique pénètre dans tous les foyers, l'armoire à linge souvent représenté par les peintres, ou bien les tableaux qui ornent les murs , les porcelaines de style chinoise de la période ming ou les tapis turcs ou les miroirs vénitiens ....Les variations apportées par les peintres se limitant souvent à changer les objets, ou à ajouter ou éliminer des figures ou des objets que les personnages ont en main.
Le peintre Hollandais Johannes Vermeer principalement connu du grand public pour sa "Jeune fille à la perle", pour "la laitière "et pour "jeune fille à la lettre"ou bien pour " la dentelière" est enfin mis à l'honneur en France.

Vermeer se démarque des autres peintres car en comparaison , il apporte une tout autre dimension intemporelle et méditative éliminant les détails . C'est une part de réflexion quasi philosophique que sa peinture développe sur notre approche de son art.Il rend ainsi la lumière du jour presque réelle. Chez les autres peintres présentés à l'exposition les allusions allégoriques sont immédiatement compréhensibles dès le premier coup d'oeil. Les tableaux de Vermeer gardent une part de mystère qui fascine grâce au caractère insondable de ses thématiques. Ce que nous montre également cette exposition c'est que même les meilleurs peintres de Leyde , les plus raffinés d'entre eux ne peuvent rivaliser !
La jeune fille à la perle , " la Joconde d'Europe du Nord" n'est pas présente dans l'exposition , elle ne se déplace plus , vous ne la verrez donc pas en visitant l'exposition du musée du Louvre.Ce tableau, probablement peint vers 1665, est l'un de ceux qui fascina le plus par son caractère énigmatique. Qui était cette Jeune fille au turban, volontiers nommé la "Joconde néerlandaise" 
Emblème de la féminité ainsi que de la richesse économique de la Hollande au XVIIe siècle, la perle n'est pas n'est pas nouvelle dans les toiles de Vermeer.  Pourtant ici, c'est sa taille qui étonne, autant que l'absence de contour pour la dessiner "Quand on regarde de près, on voit qu'il n'y a pas de contour. C'est la lumière qui sculpte la forme."Cette sculpture du tableau par la lumière a aussi été mise en évidence dans les années 1990 au moment de la restauration du tableau, mettant au jour une tâche rose à la commissure des lèvres qui renforce le caractère vivant de cette représentation. Sa posture dynamique, comme en mouvement, crée un lien entre le personnage et le spectateur tout en laissant place à l'imagination.
La lette interrompue  de Johannes Vermeer peint vers 1665-67, National Gallery of Art de Washington.
Gérard Dou , ci dessous est un génial « miniaturiste », il a travaillé dans l’atelier de Rembrandt jusqu’à ce que ce dernier quitte Leyde pour Amsterdam en 1631. Ce départ permit à Dou, qui n’avait jamais pu véritablement assimiler le style de son maître, de révéler son propre génie de « miniaturiste » réaliste. Le métier de ce peintre est en effet d’une incomparable perfection technique. Chaque objet est rendu par de toutes petites touches dont la précision touche à l’illusion : transparence du verre, reflets métalliques du lustre, satin électrique et velours moelleux, luxe coloré du rideau théâtral. Cet aspect précieux et émaillé de la surface picturale et ce réalisme minutieux, adouci par le velouté du clair-obscur, font de Gerard Dou le chef de file incontesté de cette peinture « fine » qui fit la gloire de Leyde et marqua profondément l’art néerlandais.Ci-dessous la préciosité de La femme Hydropique, de Gérard Dou visible dans l'exposition, montre la préciosité et le génie de miniaturiste des décors.
La femme hydropique, 1663, Paris Musée du Louvre . Dans le calme clair-obscur d’un intérieur, un médecin examine à la lumière du jour les urines de sa patiente, peut-être pour déterminer si elle est enceinte (le titre du tableau,  La Femme hydropique, est erroné). Cette dernière attend les résultats, réconfortée par sa fillette et sa servante. La représentation satirique de médecins et autres arracheurs de dents avait une grande place dans la peinture de genre . Mais ici il s’agit bien moins de la dénonciation triviale du charlatanisme que d’une réflexion morale sur le symbolisme de l’eau. L’eau est en effet source de vie et purificatrice, comme Dieu (d’où la Bible bien visible, ouverte sur son pupitre). Elle est très présente dans ce tableau : dans le bassin du premier plan, mais surtout par la magnifique aiguière peinte sur les volets qui protégeaient l’œuvre de la poussière (elle aussi conservée au musée du Louvre). La vie vertueuse qu’elle incarne s’oppose à la vanité du temps qui fuit (figuré par la petite horloge à côté de la fenêtre), et la pureté de l’âme aux maux du corps. Ainsi il faut sans doute comprendre le regard de la malade comme un élan vers la lumière du ciel, au-delà de la basse matérialité de cette chambre confinée.

L'habillement et les costumes utilisés par les peintres de genre comportent des ressemblances , les peintres empruntaient à leurs confrères ( des costumes, des animaux, des intérieurs, des meubles, des décorations murales et beaucoup d'autres objets )....
Vermeer Jeune fille au collier de perles , 1662_65, Berlin Staatliche Museen de Berlin détail d'une femme habillée de satin nouant son collier de perles. 

Cette exposition montre que Vermeer sur un même sujet a su capter l'essence mystique de l'instant, en traquer la part d'éternité, en préserver le secret. Comme souvent chez Vermeer, la scène semble non pas figée mais comme suspendue , enveloppée dans une brume  qui l'assourdit ce qui la rend plus hypnotique encore.
Frans Van Mieris, femme à son miroir, vers 1662, Berlin Staatliche Museen zu Berlin, détail montrant une jeune femme vêtue d'un chemisier de satin.
Gerard Ter Borch, jeune femme à sa toilette , vers 1650_1651 New York, the Met
détail d'un jeune femme vêtue d'une jupe et d'un chemisier ample de satin .
Les femmes vêtues de satin de Ter Borch ont influencé pratiquement tous les peintres de scènes de genre actifs de Hollande dans les années 1660. Moins connu que Vermeer , Gérard ter Borch, dit le Jeune, né à Zwolle en 1617 et mort à Deventer le 8 décembre 1681, est un peintre de genre et de portraits hollandais, actif à Münster et Amsterdam.
 Femme écrivant une lettre de Ter Borshpeint vers 1660_62 ,  Collection Royale de Londres.


La laitière de Vermeer est une icône de ce que l'on peut appeler une mystique du geste quotidien , c'est une petite toile, peinte vers 1657-58 et exposée au Rijksmuseum à Amsterdam. Cette oeuvre peinte par Vermeer est une oeuvre de jeunesse alors qu'il n'avait que 25 ans , elle s’est imposée au fil du temps comme l'un des tableaux les plus célèbres de Vermeer .L'isolement et la concentration de la figure les yeux baissés y contribuent pour beaucoup . Sa notoriété est aussi en partie due à la publicité pour une marque alimentaire.C'est une vraie icône de la culture des Pays Bas....alors que la jeune femme colorée se détache sur un vaste mur blanchi à la chaux et réalise en toute simplicité une recette de pain perdu avec le pain et le lait posés sur une table .


La Dentelière , vers 1670-71,Paris ,Musée du Louvre, est prise comme exemple de l'abstraction qui , progressivement , se fait jour dans l'oeuvre tardif de Vermeer.Les fils sortant du coussin à l'ouvrage au premier plan , en particulier , ont été décrits comme ayant l'apparence et la consistance de cire fondue . Dans l'imaginaire collectif, La Dentellière de Johannes Vermeer incarne le mystère qui entoure les oeuvres de l'artiste , à la fois évidentes, simples et énigmatiques ......


Exposition-événement jusqu’au 22 mai à voir au musée du Louvre, je vous conseille vivement de réserver vos places à l'avance ici billets de l'exposition afin de définir un créneau horaire ,cette exposition risque d'attirer de nombreux spectateurs, on y piétine malheureusement beaucoup car les cartels des oeuvres sont placés beaucoup trop bas par rapport aux tableaux et sont cachés par les visiteurs qui se massent devant les tableaux . ( C'est néanmoins une exposition à voir et à revoir )
A la suite de l'exposition vous comprendrez mieux pourquoi Vermeer est surnommé « le sphinx de Delft »,et pourquoi il est souvent vu comme un génie énigmatique et solitaire. Son art si singulier est en réalité profondément influencé par ses échanges avec les autres peintres de son temps. 
Bonnes VISITES 









30/01/2017

" L'Afrique des Routes" : Le parti pris choisi de cette exposition a été de privilégier les différentes formes de routes qui ont traversé l'histoire africaine : routes jalonnées de villes, routes commerciales, routes spirituelles et religieuses, routes des formes, routes coloniales, routes des objets. Cette exposition magnifique et pédagogique du musée du Quai Branly permet donc à l'Afrique de retrouver enfin sa place légitime. Vous avez du temps (jusqu'au 12 novembre 2017) pour aller à la rencontre de cette "Afrique des Routes, cette histoire de la circulation des hommes , des richesses et des idées à travers le Continent Africain."Ne tardez pas ....c'est exceptionnel . Voir "L'Afrique des Routes et grandir". ... avec le sentiment de l’extraordinaire beauté du monde et d’une humanité riche de son potentiel de paix ! On ressent le besoin actuellement et ce type de mise en valeur et cette exposition résonne donc comme un écho lointain face à l'actualité

Du 5e millénaire avant notre ère à nos jours, l’exposition évoque, au travers de 300 œuvres et  documents, les différentes routes qui ont contribué à la circulation et aux contacts des hommes, des matériaux, des œuvres et des idées en Afrique et de l’Afrique vers les autres continents de la planète. De l’art rupestre du Sahara aux œuvres contemporaines du britannico-nigérian Yinka Shonibare, l’exposition interroge par des œuvres majeures les routes commerciales (dont celles de l’esclavage), religieuses, migratoires et coloniales et dresse le portrait d’un continent.
Cavalier Dogon du XVI e siècle, Mali, région de la falaise Biandagara, bois et métal, collection Laurent Dodier, Courtesy Entwistle, Paris
 INVITÉ À SUIVRE un parcours le long de grands jalons thématiques, le visiteur découvrira combien l'histoire du continent africain est multiple....
Le pays Dogon est caractérisé par une immense falaise qui a permis aux peuples de la région d'y trouver refuge depuis plus de sept siècles. Un brassage entre ces populations et le peuple autochtone dit "Tellem" a construit ce pays où 14 langues sont encore parlées.L'image du cavalier ci-dessus indique la prestige, mais peut également soutenir le mythe de l'histoire guerrière de peuples migrants autrefois vers la falaise.
Détails d'une scène nilotique: La chasse aux Pygmées, Italie Pompéi, casa del Medico 1 er siècle de notre ère ( prêté Naples musée Archéologique).
Pygmée assis sur une grenouille entre le 'ième siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère, époques hellénistique et romaine, basse Egypte, en argile ( conservé au Musée du Louvre, Paris).





L'Afrique a été étonnamment oubliée dans l'histoire du Monde, non seulement depuis la genèse de cette discipline au XIX e siècle, mais aussi dans les conceptions modernes de la mondialisation, qui continuent de considérer la place de l'Afrique comme marginale. Cette exposition nous démontre non seulement le contraire et elle nous amène également à réfléchir sur la place primordiale de cet immense continent à travers l'histoire de toute l'Humanité .....






Echantillons de perles, de verre entre la 10 e et le 12 e siècle, perles D'Egypte,
 Fustat, pâte de verre , alliage cuivreux
Les routes de l'or Africain au Moyen Âge 
Avant la découverte de l'Amérique , une grande partie de l'or mis en circulation dans le monde médiéval , fut d'origine africaine. Le Ghana et le Mali possédaient la richesse de l'or.

Les routes des systèmes d'échanges en afrique.  L'étude des systèmes d'échanges des monnaies révèlent une typologie d'objets répertoriés lors des échanges sur le continent africain .Ces systèmes révèlent la complexité des systèmes monétaires, systèmes très différents de ceux instaurés de longue date en Europe
Boîte liturgique ade Ori Baayanni, fin du XIX e siècle style Yoruba, Nigéria
composé de Cauris, perles de verre, cuir , métal, Paris, musée du quai Branly

Exposition à ne rater sous aucun prétexte actuellement au Musée du quai Branly 
37 quai Branly
75007 PARIS
Du 31 janvier au 12 novembre 2017 les mardi, mercredi, dimanche 
de 11:00 à 19:00 et Du 31 janvier au 12 novembre 2017 les jeudi, vendredi, samedi de 11:00 à 21:00 PRIX  Payant - 7-10€